PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a promis vendredi soir d'accorder la "citoyenneté française" à toute femme "martyrisée" dans le monde.
Le candidat de l'UMP à l'Elysée s'adressait à près de 2.000 femmes à la Maison de la Mutualité, à Paris, en présence de l'ancienne ministre centriste Simone Veil, qui lui a apporté son soutien le 8 mars dernier.
"Chère Simone Veil, si je suis élu président de la République je serai fidèle au combat qui a été le vôtre pour les femmes françaises en portant dans le monde une parole forte de la France", a-t-il déclaré. "Chaque fois qu'une femme sera martyrisée dans le monde, cette femme devra être reconnue comme citoyenne française et la France sera à ses côtés."
"Il faut mettre les droits de l'homme au service des droits de la femme dans le monde", a ajouté l'ex-ministre de l'Intérieur, dont la proposition de "ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale" a indisposé Simone Veil.
Plusieurs fois ministre, européenne militante, cette rescapée des camps de la mort nazis, qui s'est battue pour le droit des femmes à l'avortement, est une icône de la vie politique française. Malgré ce désaccord sur l'association des termes "immigration" et "identité nationale", elle a maintenu son soutien au candidat de l'UMP.
Nicolas Sarkozy et Simone Veil sont entrés ensemble dans la grande salle de la Mutualité. Le candidat de l'UMP a tenu un instant par l'épaule l'ancienne ministre centriste, face aux caméras, au pied de la tribune, et a entamé son discours par un vibrant hommage à Simone Veil.
"Les Français vous aiment. Ils vous aiment parce que vous êtes l'image du courage, de la droiture. Ils vous aiment parce que vous êtes l'image de la morale", a-t-il déclaré.
EGALITE SALARIALE ET PROFESSIONNELLE
Simone Veil l'avait auparavant exhorté à lutter contre les discriminations dont sont victimes les femmes.
"Il reste nombre de discriminations de fait qui ne sont pas acceptables", a-t-elle dit. "Je tenais, à l'occasion de cette campagne (...), à dire à notre candidat, à Nicolas Sarkozy, combien nous comptons sur lui, sachant d'ailleurs que ça ne sera pas toujours facile, que certaines traditions sont si fortes qu'il ne sera pas facile de les changer."
Le président de l'UMP s'est efforcé de lui donner satisfaction en exposant son programme en faveur des femmes.
Il a notamment promis de faire de l'égalité salariale et professionnelle entre les hommes et les femmes un "axe majeur" de son quinquennat. "Je donnerai deux ans aux entreprises pour aligner les salaires des femmes sur ceux des hommes", a-t-il expliqué. "Et je le ferai sous peine de sanctions, car cela fait 50 ans que, sans sanction, on n'y arrive pas."
Il a également précisé sa proposition de "droit opposable" pour la garde des enfants, destinée à permettre aux femmes de concilier travail et vie de mère de famille.
"Je rendrai opposable devant les tribunaux le droit à une solution de garde pour tout enfant de moins de trois ans", a déclaré le candidat de l'UMP. "Cela veut dire que (...), à la fin de ce quinquennat, (chaque ménage) qui n'aura pu trouver une solution de garde pour ces enfants pourra faire valoir ses intérêts devant un tribunal."
Chaque famille concernée recevra une allocation qu'elle pourra utiliser pour payer une place de crèche ou recourir à un emploi familial, a poursuivi l'ex-ministre de l'Intérieur.
"Je veux le choix", a fait valoir Nicolas Sarkozy. "L'idée que toutes les familles pourront mettre les enfants dans une crèche, c'est une idée absurde, on n'y arrivera pas. Il faut optimiser, multiplier les modes de garde : emplois familiaux, crèches publiques, crèches associatives et, par-dessus tout, crèches d'entreprise."
Il a ainsi promis de "favoriser" les entreprises qui créeront des crèches sur le lieu de travail.