Le 6 octobre 1946, lendemain du Yom Kippour, de nouveaux immigrants débarquent dans le nord du Néguev et créent, en une nuit, à la barbe du Mandat Britannique, onze nouveaux kibboutzim. S’installant sur les terres du Fond National Juif, ces pionniers plantent leurs tentes, creusent des sillons revendiquant ainsi le Néguev septentrional comme partie intégrante du futur Etat juif.
Le Kibboutz Galon est un témoin vivant de cette étonnante aventure, qui, jusqu’à aujourd’hui, continue à fonctionner à contre courant de la société israélienne moderne, pour garder les valeurs des premiers kibboutzim : égalité, travail, démocratie et vie communautaire.
Le Kibboutz Galon fut fondé par 9 jeunes immigrants polonais, envoyés en Palestine avant la Deuxième Guerre mondiale par le mouvement Hashomer Hatsair de Pologne. Deux ans plus tard, en 1948, Mordekhaï Roseman et d’autres survivants du mémorable Exodus, se joignent à eux, suivis, en 1950, par d’autres jeunes du Hashomer venant des Etats-Unis et du Canada. Puis, ce seront des sud-Américains, des Yougoslaves et des Russes. En 1961, le kibboutz reçoit des Israéliens, membres du même mouvement, et des Uruguayens, membres du Mapam.
« Nous n’avions pas la même culture, mais la même philosophie, et surtout un même but »,
explique Yudke Grossman, venu il y a 55 ans.
« Nous voulions créer un monde différent où la priorité serait donnée au bien-être de la communauté. »
Comme aujourd’hui encore, le kibboutz Galon, situé à 10 km à l’est de Kyriat Gat, dans une région de collines, vivait, dès ses débuts, d’agriculture et d’élevage : des poules pour les oeufs, des vaches pour le lait. Yudke Grossman raconte :
"Je suis venu en 1953, de Montréal. J’étais un jeune citadin et ignorais tout du travail de la ferme. Mais c’est là qu’on me plaça, avec les vaches laitières. La deuxième année, après la journée de travail, j’allais à Rehovot suivre des cours à l’Université Hébraïque agricole. C’est là que, pendant 2 ans, je me formai à ma nouvelle profession tout en travaillant. Aujourd’hui, le nombre de litres de lait par vache et par jour est supérieur à la moyenne internationale. Les pionniers venus comme moi travailler à la ferme n’étant pas encombrés par des traditions familiales de fermiers, ont pu utiliser immédiatement des techniques de pointe. C’est là le secret de notre succès."
la suite