Le Premier ministre Ehud Olmert, a quitté Tel-Aviv dimanche pour des discussions à Paris et Londres axées sur les ambitions nucléaires de l'Iran et le processus de paix avec les Palestiniens.
Olmert doit rencontrer lundi à Paris le président Nicolas Sarkozy et le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, avant de s'entretenir le lendemain à Londres avec son homologue britannique, Gordon Brown.
Le Premier ministre a entrepris ce voyage dans le sillage d'une visite-éclair jeudi à Moscou à l'issue de laquelle il s'est déclaré "encouragé" par les propos du président russe, Vladimir Poutine, sur sa volonté de contrecarrer le programme nucléaire iranien.
"Israël entend s'associer aux efforts internationaux pour empêcher l'Iran de se doter de l'arme atomique. Or, Paris et Londres sont très clairs à ce sujet, et je ne doute pas que mes discussions avec Sarkozy et Brown seront fructueuses", a déclaré Olmert en conseil des ministres avant son départ.
Selon la presse locale, le chef de l’exécutif israélien va présenter à ses interlocuteurs français et britanniques des informations collectées par ses services de renseignements sur les progrès de l'Iran en matière nucléaire.
Considéré comme la seule puissance nucléaire au Proche-Orient, Israël estime que l'Iran représente sa "principale menace stratégique".
Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, qui conteste l'ampleur de la Shoah, a appelé à détruire le "régime sioniste" et à "rayer" Israël de la carte.
Les responsables israéliens se sont réjouis du durcissement de la position française envers l'Iran et son allié au Liban, le Hezbollah chiite.
Dans les semaines à venir, Olmert doit également effectuer une visite officielle en Allemagne, a indiqué son entourage.
Les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne sont favorables au renforcement des sanctions internationales contre l'Iran afin qu'il renonce à son programme d'enrichissement d'uranium. Ils accusent Téhéran de chercher à se doter de l'arme atomique, ce que les Iraniens démentent.
Olmert a par ailleurs exclu une percée historique lors de la réunion internationale sur le Proche-Orient prévue d'ici la fin de l'année aux Etats-Unis.
"Cette réunion servira de parapluie aux pourparlers de paix israélo-palestiniens", a-t-il souligné devant ses ministres.
Ces discussions sont supposées jeter les bases d'un Etat palestinien et doivent porter sur des questions clefs comme le tracé des frontières, le sort de Jérusalem et celui des réfugiés palestiniens.
Selon ses proches, Olmert entend s'expliquer aussi à Paris et Londres sur la décision de son cabinet de considérer comme "entité hostile" la bande de Gaza, contrôlée par la force depuis la mi-juin par le Hamas.
Les relations entre la France et Israël se sont nettement réchauffées depuis l'accession de Nicolas Sarkozy à la présidence française, qui s'est ouvertement posé en "ami" d'Israël.
En Israël, son élection a été perçue comme un tournant dans les relations tumultueuses avec Paris, longtemps accusé sous l'ancien président Jacques Chirac de mener une politique pro-arabe au Proche-Orient.
"Pour la première fois en quarante ans, Paris semble aussi amical que Londres" pour Israël, soulignait dimanche le quotidien Haaretz.
source : benniissembert