Pendant la guerre, un instituteur a caché une dizaine d’enfants juifs dans un village d’Eure-et-Loir. Ceux-ci se sont retrouvés et se mobilisent pour lui faire décerner le titre de Juste parmi les nations.
Texte et photos PHILIPPE CASTETBON
Buenos Aires, le 18 janvier 2007. Dans la maison d’Henri, 75 ans, la télévision est allumée. Pour se tenir au courant de la France, qu’il a quittée depuis plus de cinquante ans, le vieux monsieur regarde TV5, qui retransmet des programmes français dans le monde entier. Ce jour-là, la chaîne diffuse, en direct de Paris, une cérémonie officielle. Le président Jacques Chirac parle. Au Panthéon, il rend hommage aux Justes, ces citoyens français qui ont sauvé des milliers de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est à l’un d’eux qu’Henri (1) doit d’être encore en vie. Les images du Panthéon le renvoient à celles de Montigny-le-Gannelon, un village d’Eure-et-Loir où, petit garçon juif, il a été caché dans la maison de campagne d’André Baccary, un instituteur parisien.
Dans la tête d’Henri se dessine un projet a priori insensé : retrouver les neuf autres enfants juifs qui profitèrent de cette cachette et faire accéder l’instituteur au rang de Juste (2). A l’aveugle ou presque, et surtout sans savoir si aucun des enfants de Montigny était encore en vie, Henri contacte, à Paris, une amie d’enfance, Yvette Wirtschafter, à qui il envoie la liste des noms de tous ceux qui habitaient, sous une fausse identité, chez l’instituteur.
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